Ils mettent la main à la pierre : découvrez ces métiers d’hier, d’aujourd’hui et de demain
Derrière les murs de nos maisons, les pavés de nos rues ou les façades de nos monuments se cachent des métiers souvent méconnus mais essentiels. Tailleur de pierre, marbrier, chef de carrière ou conducteur d’engins : sans ces professionnels passionnés, pas de constructions solides, pas d’aménagement, d’ouvrages ou d’infrastructures durables, pas de restaurations fidèles, pas de patrimoine préservé. Héritiers de gestes séculaires, ils perpétuent un savoir-faire précieux tout en intégrant les technologies les plus modernes et une adaptation aux enjeux environnementaux d’aujourd’hui. Des carrières à la mise en œuvre, les métiers de la pierre et des matériaux minéraux façonnent notre cadre de vie et continuent d’écrire notre histoire collective. La Vie en Pierre vous les fait découvrir plus en détails.
La pierre : un héritage vivant
Depuis la Préhistoire, l’homme façonne la pierre pour bâtir, orner et pérenniser son environnement. Tailleurs de pierre, marbriers, muraillers, graveurs : ces artisans ont traversé les siècles, les évolutions technologiques et sociétales, avec toujours la même passion pour ce matériau noble qu’est la pierre. Et leurs gestes résonnent aujourd’hui encore sur nos chantiers, dans nos monuments et jusque dans nos habitations. Claudine Tréhu, formatrice pilote au Campus UNICEM de Bretagne, aime rappeler à ses élèves que le métier de tailleur de pierre offre une opportunité unique. « Nous avons une chance incroyable, c’est que nous pouvons laisser une empreinte dans le temps avec la rénovation, la construction ou des aménagements extérieurs ». Cette idée de laisser une trace, de façonner le monde autour de soi, est au cœur de cette discipline millénaire. Chaque geste, chaque coup porté sur la pierre est une contribution à un héritage qui ne disparaît pas. Une empreinte qu’on peut lire quotidiennement aussi bien sur les grands édifices patrimoniaux, témoins de siècles d’histoire, que sur les plus petites réalisations du quotidien, qui, à leur manière, participent à l’embellissement de nos villes et de nos espaces de vie.
Les étudiants qui passent par les centres de formation sont initiés à ces savoir-faire ancestraux qui vont bien au-delà des murs des bâtiments historiques. Ils apprennent à restaurer les pierres des églises, des cathédrales et des remparts, à rendre leur éclat d’origine à des monuments parfois vieux de plusieurs siècles. Mais ce savoir-faire ne se limite pas aux chantiers de restauration. Il s’étend aussi à des projets de proximité : bâtiments, aménagements paysagers, mobilier funéraire, décorations urbaines. C’est ce mélange entre patrimoine et modernité qui rend les métiers de la pierre toujours aussi fascinants. Les possibilités sont infinies et la diversité des réalisations montre à quel point la filière façonne notre environnement de manière discrète mais essentielle.
Mais la filière ne s’arrête pas à ces métiers artisanaux. Elle englobe aussi ceux qui extraient, transforment et valorisent la ressource minérale. Des blocs monumentaux aux granulats en passant par les bétons, chaque matériau a ses savoir-faire, ses innovations et ses métiers.
Savoir-faire et symbolique au cœur du Jardin mémoriel
Exemple emblématique de la place de la pierre et des savoir-faire qui lui sont associés dans notre monde moderne : en 2025, l’entreprise Bretagne Granits a participé à la création du Jardin mémoriel de Paris, dédié aux victimes des attentats du 13 novembre 2015. Un chantier exigeant, réalisé en granit bleu de Lanhélin, où blocs monumentaux et dallages ont été façonnés avec une précision millimétrée. « Certains éléments atteignaient 12 ou 13 tonnes et nécessitaient une taille manuelle d’une grande finesse », précise Thomas Lecorguillé, le directeur général de Bretagne Granits. Plus de la moitié des salariés ont été mobilisés, démontrant la force collective de ces métiers. « Cela illustre aussi combien nos métiers relient l’histoire, la société et le savoir-faire », ajoute-t-il.
En effet, au-delà de la prouesse technique, le recours à la pierre dans ce projet commémoratif est également chargé de sens. La pierre, comme le granit bleu de Lanhélin, porte en elle une symbolique forte : la pérennité et la résistance, des valeurs particulièrement importantes dans un lieu dédié à la mémoire des victimes. Elle possède une longévité qui ne se contente pas de marquer le souvenir des victimes mais de relier également cet événement au futur, garantir que l’histoire sera préservée pour les générations à venir.
Cette même solidité et cette même précision se retrouvent dans l’ensemble des matériaux de construction minéraux qui composent notre environnement et nos mémoires.

Entre gestes d’hier et outils de demain
Si la transmission des gestes traditionnels est essentielle pour préserver l’héritage des métiers de la pierre, ces derniers se sont tout de même profondément transformés au fil des siècles. L’art de tailler, sculpter ou graver la pierre n’a plus seulement besoin de gestes précis et d’une maîtrise de la matière : il exige aujourd’hui un savant mélange de savoir-faire ancestral et de compétences techniques et scientifiques pointues. « De nos jours, un tailleur de pierre doit avoir une bonne vision dans l’espace, savoir dessiner, manier les mathématiques au quotidien. Nos élèves découvrent chaque jour la complexité de ces métiers où précision et rigueur sont indispensables », souligne Claudine Tréhu.
Mais cette exigence s’étend bien au-delà de la taille de pierre. Dans les carrières, un conducteur d’engins, un foreur, un chef de carrière ou un géologue exercent des métiers d’une technicité extrême. « Ce sont des métiers très spécifiques, avec beaucoup de rigueur et un fort sens des responsabilités », rappelle Daniella Taillière, DRH du Groupe Garandeau, entreprise familiale spécialisée dans l’extraction de granulats, la fabrication de béton prêt à l’emploi et la distribution de matériaux de construction. « On ne conduit pas un engin dans une carrière comme sur un chantier de travaux publics : il faut comprendre la matière, le terrain, l’environnement », précise-t-elle.
La technologie a elle aussi considérablement modifié la donne. De la conception à la réalisation, les métiers de la pierre et des matériaux minéraux se sont connectés au monde numérique. Dessin assisté par ordinateur (DAO), fabrication assistée par ordinateur (FAO), commande numérique et automatisation sont devenus des outils incontournables. « Avant, on chargeait un camion à l’œil, aujourd’hui la chargeuse pèse automatiquement, on gagne en précision et en efficacité », illustre Daniella Taillière. Ces innovations améliorent la sécurité, la productivité et le confort de travail tout en renforçant l’attractivité du secteur.
Dans ces environnements modernisés, les salariés interagissent avec des automates et des outils connectés. « Aujourd’hui, un conducteur d’engins ne se contente plus de conduire, il agit dans un système complet, attentif à la sécurité, à la production et à la biodiversité », poursuit-elle.
Ainsi, derrière chaque bloc de pierre taillé, chaque mètre cube de béton ou chaque route construite, se cache un savoir-faire en constante évolution, une rencontre entre les gestes d’hier et les technologies de demain.
Les Campus UNICEM : de la tradition à l’innovation
Pour préparer à cette diversité de compétences et répondre aux exigences actuelles du secteur, les formations sont à la fois complètes et rigoureuses. Les Campus de l’UNICEM sont de véritables pépinières de talents dédiées aux métiers de la pierre et des matériaux minéraux de construction. Ils représentent un maillon essentiel de cette chaîne de transmission.
« Nous formons chaque année environ 1 000 apprentis sur 6 grandes filières : les conducteurs d’engins de carrière et de travaux publics, la maintenance des engins, la pierre, les géosciences et la topographie, et enfin les matériaux de construction », explique René San Nicolas, directeur national des Campus UNICEM. Ces parcours, du CAP au Bac+2, couvrent ainsi tout l’écosystème minéral, de l’extraction à la transformation, du dessin à la conduite d’engins.
L’enseignement y est complet : dessin, stéréotomie, histoire de l’art, conception numérique, mais aussi mécanique, hydraulique ou géotechnique. « Les formations liées aux carrières et au béton représentent le plus gros volume d’apprentis, preuve de leur vitalité et de leur employabilité immédiate », souligne René San Nicolas. Un enseignement exigeant et ancré dans la réalité de la filière, reconnu par les entreprises du secteur.
Au-delà de la technique, l’enjeu de ces formations est de former des professionnels autonomes et adaptables aux défis d’aujourd’hui. « Un conducteur d’engins n’est plus seulement un opérateur, il participe à la stratégie RSE de son entreprise », insiste Danielle Taillière. Et les entreprises ne s’y trompent pas puisque l’insertion est quasi immédiate à l’issue des cursus.
Transmission et reconnaissance : le rôle des concours
Dans une société où l’image des métiers manuels reste parfois sous-estimée, la reconnaissance des savoir-faire est essentielle. Pour la filière, cette reconnaissance se vit notamment sur les podiums des concours tels que les Meilleurs apprentis de France ou les Worldskills. « Nos apprentis décrochent chaque année des titres, un gage de la qualité et de la rigueur des cursus que nous proposons », souligne René San Nicolas. Ces concours, véritables vitrines du talent, permettent non seulement de valoriser les métiers de toute une filière mais aussi les jeunes talents, passionnés. « Les Worldskills, c’est un beau challenge. Les jeunes y cherchent l’adrénaline et sont fiers de représenter leur métier », témoigne Claudine Tréhu. Et cette fierté dépasse la performance individuelle : elle valorise le secteur dans son ensemble.

Une filière tournée vers l’avenir et ses enjeux
Les métiers de la pierre et des matériaux de construction se réinventent autour de trois grands défis : l’environnement, la numérisation et l’attractivité.
Dans le groupe Garandeau par exemple, les conducteurs d’engins participent activement aux stratégies environnementales : « On leur demande de signaler les espèces d’oiseaux repérées sur les sites pour les protéger », précise Daniella Taillière. Ces initiatives ne se limitent pas à la protection de la faune, elles s’étendent à l’ensemble du processus de production. Dans les ateliers également, les mécaniciens trient leurs déchets, contrôlent les fuites d’huile et s’impliquent dans la gestion responsable des ressources. Chez Bretagne Granits, cette conscience écologique prend forme dans des choix d’approvisionnement respectueux de l’environnement. « Nous privilégions les blocs locaux et les circuits courts. Plus c’est européen, mieux c’est. Acheter breton, c’est préserver notre ressource et limiter l’impact carbone », ajoute Thomas Lecorguillé.
Une évolution qui s’accompagne d’une forte intégration des technologies : automatisation, capteurs, intelligence embarquée, ou encore gestion à distance. « L’électronique et l’IA sont entrées dans nos métiers : les engins et les installations deviennent intelligents, la maintenance se digitalise », détaille Daniella Taillière. Ces transformations exigent des profils hybrides, capables de comprendre tous ces paramètres. « Les carrières de demain seront vertes et connectées » complète René San Nicolas, « nous préparons les jeunes à des métiers où recyclage, énergie solaire, gestion des eaux et valorisation des matériaux cohabitent avec la production et la conception. » Cette démarche durable est déjà intégrée dans les cursus via les Certificat de Qualification Professionnelle Chef de carrière ou Technicien de production, qui incluent qualité, sécurité, environnement et management d’équipe.
Ces cursus forment ainsi des professionnels capables de concilier savoir-faire traditionnel et exigences modernes, assurant la pérennité et la responsabilité de la filière. Ils témoignent de l’engagement des professionnels à bâtir un avenir durable, où chaque geste compte pour l’environnement et pour les générations futures.
Les métiers de la pierre et des matériaux minéraux continueront d’évoluer, avec des technologies toujours plus présentes. Mais au cœur de cette modernisation, une chose reste inchangée : le lien intime entre l’homme et la matière. « Nous aurons toujours besoin de ces professionnels capables de comprendre et de magnifier la matière minérale », rappelle la formatrice de l’UNICEM Campus de Bretagne. Qu’il s’agisse de tailler un bloc, de conduire un engin, de piloter une centrale ou de recycler les matériaux, tous partagent la même passion et la même fierté : bâtir durablement. Envie de rejoindre cette aventure et de découvrir le quotidien fascinant des métiers de la pierre et des matériaux de construction minéraux ? Venez explorer les formations et parcours divers proposés par l’UNICEM Campus et l’UNICEM : un monde où savoir-faire ancestral et innovation se rencontrent pour façonner notre quotidien d’aujourd’hui et de demain.