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IG granit de Bretagne : entretien avec Martine Pinville, Secrétaire d’État

2 mars 2017 - Fédération - Régions

L’Institut National de la Protection Industrielle (INPI) vient d’homologuer la première l’Indication Géographique (IG) dans le secteur des pierres naturelles. L’IG « Granit de Bretagne » a pour objectif de protéger les granits extraits de carrières implantées en Bretagne et dans la commune de Saint-James (50), ainsi que les produits fabriqués à partir de ces granits, dans cette même zone géographique, et de garantir l’authenticité des produits mis sur le marché.

En avant première, découvrez l’interview de Martine Pinville, Secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances, chargée du Commerce, de l’Artisanat, de la Consommation et de l’Économie sociale et solidaire (à paraître prochainement dans l’UNICEM MAG de mars).

« L’indication géographique doit permettre de créer un cercle vertueux »

Pensez-vous que l’IG granit de Bretagne soit une « arme » suffisante pour contrer les politiques tarifaires agressives des autres pays producteurs ?

Martine Pinville : Lorsque les standards de qualité et l’origine des produits sont mal connus, les consommateurs se dirigent souvent vers les prix les plus bas. Or, nous savons qu’en assurant la transparence sur l’origine et le mode de fabrication des produits, nous permettons aux consommateurs de faire des choix éclairés et citoyens.
C’est l’objectif des indications géographiques pour les produits industriels et artisanaux qui viennent mettre en valeur des savoir-faire et nos « made in » locaux. L’IG granit de Bretagne, en définissant des règles claires de fabrication, doit permettre de faire changer le comportement des consommateurs et ainsi renforcer la filière bretonne.

Comment faire valoir auprès des maitres d’ouvrages publics tous les intérêts de l’IG et avez-vous prévu une campagne de sensibilisation allant dans ce sens au niveau du ministère ?

M. P. : Nous encourageons les associations de professionnels comme celle de l’IG granit de Bretagne, c’est pourquoi j’ai tenu à me rendre à Rennes, le 9 février dernier, pour valoriser et promouvoir le beau succès de l’IG « Granit de Bretagne ». L’introduction de la transparence sur l’origine des produits doit permettre de créer un cercle vertueux pour les consommateurs mais aussi plus largement pour les acheteurs publics comme les mairies, qui pourront désormais, en pleine connaissance de cause, faire le choix de soutenir les produits et savoir-faire locaux et mettre en valeur leurs territoires.

Au regard de votre expérience, quels sont les succès les plus significatifs remportés par une IG agroalimentaire ou vinicole ?

M. P. : Les produits agricoles reflètent la grande diversité des traditions et des régions en Europe. Pour protéger, promouvoir ces produits et garantir leur authenticité, l’Union Européenne a créé des labels de qualité qui couvrent les produits agricoles, les denrées alimentaires, les vins, les spiritueux et les vins aromatisés enregistrés par les producteurs ou groupes de producteurs conformément aux règles en vigueur. C’est le cas du citron de Menton par exemple, mondialement connu pour ses qualités gustatives. En 2007, l’association pour la promotion du citron de Menton a déposé une demande de reconnaissance en IG obtenue en 2014 après avis favorable à l’homologation du cahier des charges. Cela a permis d’enregistrer dès l’année suivante le citron de Menton dans le règlement de la commission européenne et donc dans le registre des appellations d’origine protégées et des indications géographiques protégées. Pour les IG pour les produits industriels et artisanaux, nous souhaitons que ce dispositif soit étendu au niveau européen comme c’est le cas pour les IG agricoles. Nous plaidons en ce sens auprès de la Commission européenne et de nos partenaires.

Au-delà d’un levier d’économie circulaire bien compris, l’IG peut-elle s’affirmer comme un label de qualité ?

M. P. : Une indication géographique fait l’objet d’un cahier des charges bien précis, rédigé par un organisme de défense et de gestion qui réunit les opérateurs concernés et qui est homologué par l’INPI. Ce cahier des charges décrit notamment les procédés de fabrication, les caractéristiques de produits et l’aire géographique dans laquelle ils sont réalisés. C’est dans le cadre de l’élaboration de ce cahier des charges que les professionnels eux-mêmes définissent collectivement des standards qui caractérisent le produit, qui sont avant tout des standards de qualité.


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