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Les enjeux du mix énergétique pour les transports : l’éclairage de Gilles Savary

11 août 2016 - Transports

La filière matériaux de construction multiplie ses interventions pour la croissance des voies ferrées et fluviales, dont elle est par ailleurs le premier contributeur, et encourage l’émergence de poids lourds aux carburants alternatifs. Gilles Savary, député de la 9e circonscription (Gironde), membre de la commission des affaires sociales et spécialiste des questions « transports » revient sur les grands enjeux du transport pour le secteur.

 

Unicem_Transports_GSavaryQuel regard portez-vous sur les enjeux du réchauffement climatique ?

Gilles Savary : Le marché est aujourd’hui piloté par le pétrole et, contrairement aux prévisions des années 70, cette ressource fossile reste très abondante avec des réserves considérables. Le basculement vers une économie décarbonée ne se fera donc pas par le marché mais par des décisions politiques qui devront instaurer le coût du carbone. En intégrant le coût des externalités négatives dans nos modèles économiques, on permet aux produits vertueux de devenir compétitifs, contrairement à ce qui se pratique aujourd’hui. Nous sommes donc à la veille d’une véritable révolution qui va impacter tous les compartiments de notre économie.

 

À ce propos, en quoi cette révolution va faire évoluer le secteur des transports ?


G.S. : Le secteur des transports, notamment la voiture particulière, avec celui du logement, sont les plus émissifs en termes de gaz à effet de serre. Dans les prochaines années, les constructeurs automobiles vont facilement pouvoir réaliser des moteurs pour les véhicules légers consommant 1 à 2 litres aux 100 km. Sans avoir de boule de cristal, il est fort possible que, d’ici 50 ans, la motorisation à l’hydrogène s’impose compte tenu de ses nombreux atouts : grande autonomie et stockage de l’énergie sans batteries. L’hydrogène a le meilleur bilan écologique global si elle est produite avec de l’électricité issue des énergies renouvelables. quant au transport routier de marchandises, il fera appel au mix énergétique pour fonctionner.

 

Comment les politiques publiques encouragent la rationalisation du transport et favorisent le report modal ?


G.S. : Le report modal est un sujet compliqué qui est abordé depuis longtemps sans résultats significatifs. Pourquoi ? Parce que le mode ferroviaire souffre de nombreuses contraintes lourdes. En effet, pour que le rail soit vertueux, il doit fonctionner avec de l’électricité renouvelable ou, à défaut,
nucléaire, mais certainement pas
à l’électricité produite par des
centrales à charbon très polluantes,
ce qui est encore le cas en Europe. De plus, le fret ferroviaire est pénalisé par un déficit réel de fiabilité et de souplesse, et son prix n’est pas compétitif par rapport à la route, faute de fiscalité carbone.
Les marchés compensent ces lacunes par des comportements vertueux, tels que la mise en place de circuits courts, mais cette situation n’est pas durable puisque la métropolisation et la mondialisation éloignent les gisements des bassins de consommation.

 

Quel est le rôle des capillaires dans le maintien et le développement des industries de proximité ?


G.S. : Le réseau des capillaires est important pour les industries de « pondéreux », puisqu’à l’image des petits ruisseaux qui font de grandes rivières, ce sont les wagons isolés qui font les grands convois. Le réseau secondaire doit donc être maintenu et entretenu. Ces investissements doivent être accompagnés par l’engagement des exploitants à fiabiliser les convois pour qu’ils arrivent à l’heure : une exigence des industriels pour l’utilisation du fer. Enfin, lorsque les lignes n’existent pas, il n’est pas nécessaire de les densifier compte tenu du coût des ruptures de charges : pour les carrières en proximité d’agglomérations, le circuit court doit être effectué en camion.

 

À retenir

  • La fiscalité carbone, à l’instar des enjeux de changement climatique, donne de la compétitivité aux industries vertueuses.
  • Au-delà des prix, le fret ferroviaire doit améliorer sa fiabilité et sa souplesse.
  • Quand un industriel est privé d’un embranchement fer, il envoie ses marchandises sur la route de manière irréversible.

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